( 4 janvier, 2009 )

10 commandemants de l’enfant qui ne mange pas.

Ce n’est pas de moi, c’est extrait de l’excellent livre.

« Bien nourrir son bébé de 0 à 3 ans » du Dr Lyonel Rossant et du Dr Jacqueline Rossant-Lumbrosoaux éditions Odile Jacob. (Tiens, je devrais aussi faire un bibliographie un jour…) 816 pages passionantes et très complètes, allant du fonctionement phisiologique de l’allaitement maternel au crise plus psychologiques autour dur repas des 3 ans…
Ils ont aussi un site Internet : http://www.biennourrirsonbebe.com/

« Les 10 commandements

1/ Votre enfant est normal comme le prouvent l’examen clinique et le bilan effectués.
2/ En aucune circonstance et sous aucun prétexte, vous ne devez forcer votre enfant à manger plus qu’il n’en a envie.
3/ Il ne faut pas féliciter votre enfant s’il mange. On mange pour se nourrir, et non pas pour faire plaisir à maman et papa.

4/ Si l’enfant n’aime pas tel ou tel plat, offrez-lui une part symbolique, sans le forcer, à y goûter, ou rien du tout à votre guise. Surtout, ne remplacez pas le plat refusé par un autre cuisiné uniquement à son intention.
5/Le repas ne doit pas durer plus d’une demi-heure. Ne laissez pas votre enfant mâchonner et ruminer pendant des heures son petit morceau de viande ou de légumes. Ne le forcez pas à terminer son plat. Même si l’assiette est encore pleine, retirez-la après 10 minutes sans faire de commentaires. L’ordre « logique» conventionnel: entrée – plat – dessert n’est pas obligatoire pour l’enfant
6/Pour les petits appétits, mettez peu de chose dans l’assiette (1, 2 ou 3 cuillères à café de viande et de purée…), quitte à resservir après si votre enfant réclame.
7 /Ne donnez rien à manger à l’enfant entre les repas. Vous pouvez par contre appliquer la « clause de sécurité » qui consiste à laisser traîner, mine de rien, des aliments dans la cuisine ou le réfrigérateur (fruits, fromages, radis, tranches de jambon, etc.) que l’enfant pourra « chaparder ».
8/ Ne faites jamais d’observation ni de commentaires devant l’enfant sur son appétit. Pas de punition s’il ne mange pas! Pas de récompense s’il mange! Ne lui montrez pas que cela vous chagrine ou vous énerve s’il ne mange pas.
9/ N’écoutez pas les conseils farfelus, contradictoires et désordonnés de l’entourage.
10/N’oubliez jamais qu’on mange beaucoup trop: la fréquence de l’obésité, de l’hypertension artérielle, de l’athérosclérose en est la conséquence.

Si vous suivez ces 10 commandements, il se passera la chose suivante… pendant quelques jours l’enfant ne mangera que ce qu’il préfère (dessert…) et refusera viande et légumes. Parfois il ne mangera rien du tout ou grignotera un petit bout de pain. Ne vous affolez pas. Il faut tenir. votre enfant ne tombera pas malade. Après 3, 8 ou 15 jours, si vous suivez bien ces conseils, il mangera selon ses besoins et le cercle vicieux de la «table Infernale» sera interrompu. »

( 4 janvier, 2009 )

Règles du repas

Dès le début, les enfants apprennent qu’il y a des règles à la maison, et aussi des règles autour du repas. J’aime connaître les habitudes des parents si ils en ont, et leur expliquer les miennes. Il n’est pas gênant que ces règles ne soient pas les mêmes que celles de la maison, les enfants apprennent vite à faire la différence entre leurs éducateurs principaux (les parents) et les différents lieux qu’ils fréquentent (Ass Mat, crèche, école, grands parents…). Par contre, il est important qu’il y ait une cohérence entre les règles (autour des principaux interdits) et qu’il n’y ait pas de dénigrement ou de classification des différentes façons de faire. Par exemple, plutôt que de dire :
« Tu ne manges pas avec tes doigts, c’est sale. A deux ans tu es grand alors ne mange pas comme un cochon » (oui, je caricature un peu…), je vais dire :
« Ici, à deux ans, on mange avec des couverts. Mais il y a d’autres maisons où on mange avec les mains, il y a même des endroits où les adultes mangent avec les mains », et si l’occasion s’y prête, en profiter pour entamer une discussion sur les différences culturelles.

L’hygiène ? Les petits sont débarbouillés (main et visage) avec une petite serviette éponge et du savon de Marseille avant et après le repas. Les plus grands se lavent les mains avec mon aide. Si les parents le souhaitent, une initiation au brossage des dents peut être faite avant la sieste.

 

Assis comment ? Je fais partie d’un groupe d’Ass Mat qui essayent d’appliquer les enseignements de Pikler dans leur quotidien sur la motricité libre et l’autonomie (http://professionassmat.free.fr/). Concrètement, ça signifie ne pas placer l’enfant dans une position qu’il n’a pas expérimentée lui même, et donc, pas de transat, chaise haute, avant qu’il ne tienne assis. Les premières compotes sont données sur les genoux, comme le biberon. Quand l’enfant tient suffisamment bien assis (« assise dynamique » et non « asise passive »), ils s’assoit avec les autres sur une petite chaise autour d’une petite table, où il va devoir apprendre à se lever au bon moment, ramasser seul sa cuillère s’il la fait tomber, etc…

Manger ou faire manger ? Tous les couverts, verres, assiettes sont en plastique dur. Dès que l’enfant en manifeste la curiosité, le système de la « double cuillère » est mis en place (vers 1 an). Au début, c’est surtout moi qui le nourrit, puis petit à petit, on arrive à du 50/50 puis à ce que l’enfant mange seul, ça peut être à 18 mois comme à 30, et varier d’un repas à l’autre. J’essaye aussi de favoriser les aliments qu’ils peuvent manger seuls avec les doigts puis avec la fourchette : petits cubes de jambon, de fromage, morceaux de fruits. Sauf contrindication des parents, les biberons et tasses à bec sont abandonnés au moment où ils passent à la petite table au profit de gobelets en plastique (et sont réservés pour le matin et les moments câlins avec les parents).

On ne fait que manger ? Le repas est un temps de socialisation, mais n’est pas un temps de jeu. Il n’y a rien d’autre sur la table que les couverts et les aliments (pas de jouets, peluches, tétine…). Par contre, c’est un temps qu’on va utiliser pour « discuter ». Surtout de ce qui est en train de se passer : ce qu’on est en train de manger, d’où ça vient, comment ça a été préparé, est-ce qu’on aime un peu ou beaucoup, à quoi ça sert dans le corps… Quand les enfants deviennent plus grands et plus bavards, les discussion vont souvent aussi tourner autour de ce qui se passe chez eux, de ce qu’on a fait comme activité le matin, de ce qu’on va faire l’après-midi…

Combien de repas ? Cette année, les enfants que je garde arrivent « tard » (8H30) et sont « grands » (2 ans), il n’y a donc pas, de façon générale, de collation du matin. Le repas est pris à 12H et le gouter quand il sont tous réveillés (15H30, 15H45, 16H…), autour de la table, comme le repas du midi. Si les parents me disent qu’il a peu mangé ou mangé tôt, si l’enfant semble avoir un « petit coup de barre » à un âge où il n’a plus de sieste le matin, une collation est rajoutée en début de matinée, et sera prise au parc.

Forcer ou pas forcer ? Je ne force jamais un enfant à manger… Mais ça ne veut pas dire ne pas insister un peu… Quand ils sont encore bébés (entre 6 mois et 1 an environ), l’aliment refusé sera remplacé par un autre équivalent (purée de courge remplacée par une purée de haricots par exemple, de préférence de couleur différente, qu’il comprenne que j’ai changé avant de gouter). Plus tard, l’aliment n’est plus substitué et l’enfant a l’obligation de gouter. Pour mes propres enfants et ceux que je garde (le plus grand à 5 ans) j’ai établi le principe « une cuillère par âge » : « tu as 3 ans, tu manges au moins 3 cuillères, et si ça te plait, tu as le droit d’en manger plus (à rappeler, car ils peuvent changer d’avis à la première cuillère ! ) ». Si l’aliment n’est pas substitué, j’essaye néanmoins de préserver l’équilibre alimentaire, par exemple en augmentant la ration de fruit en dessert ou au gouter s’il a refusé le légume, en servant du fromage sur du pain complet à la place d’un yaourt s’il a refusé un féculent, en préservant la dose de calcium avec des agrumes s’il a fait l’impasse sur les laitages, etc. Chaque jour les parents sont prévenus de ce que l’enfant à mangé, pour pouvoir observer son appétit et mieux comprendre comment il va manger chez lui le soir.

|